lundi 2 décembre 2013

Les BENSHI


Le cinéma muet et les conteurs au Japon ... merci à Pascal Vincent


Les Benshis étaient les conteurs du cinéma muet.
Ils se tenaient au pied de l'écran et racontaient le film pour un public souvent analphabète, incapable de lire entre les intertitres.
Les benshis étaient très populaires d'où l'apparition tardive du cinéma parlant au Japon.

Au Japon, quelqu'un qui raconte une histoire, ça existe depuis toujours :
BUNRAKU : théâtre classique avec marionnette.


RAGUKO-KA : un conteur qui raconte des histoires comiques de la vie quotidienne






KODAN-SHI : celui qui raconte les récits historiques

Kwaïdan, un film de Masaki Kobayashi tiré des contes de Lafcadio Hearn - ici l'écriture empêche le conteur aveugle d'entrer en contact avec les morts ( mais le moine qui a peint son visage a oublié les oreilles.. )



Pour ces conteurs du cinéma muet, la formation n'existait pas, ils venaient avec leur métier d'acteurs.
Au début, pour un film,on mettait plusieurs benshi, plus le conteur benshi. ( un benshi pour chaque personnage)
Et puis, pour des raisons économiques, les benshi ont fait tous les rôles.
Chaque benshi avait la liberté d'interprétation du film parce qu'il n'y avait pas de scénario.


Dans le film, quand les acteurs ne jouaient pas, par exemple, pour les séquences de paysages, le benshi donnait libre cours à sa poésie.
Parfois les benshis jouaient avec de grands gestes ... ils s'emportaient tellement que quelque fois, le public ne regardait plus l'écran, mais le benshi.


Le benshi était payé par le patron du cinéma, certain benshi sont devenus plus populaires que les films eux même ou que les acteurs et du coup, les benshis étaient mieux payés que les vedettes :
Le public ne venait pas pour les acteurs mais pour le benshi!

myriam pellicane

A tokyo, à l'époque, il y avait deux styles de benshi : le style YAMANOTE des quartiers chics, bourgeois, ce style intériorisait les sentiments et ce style était les films exportés à l'étranger.
Et puis il y avait le style SHITAMACHI, celui des quartiers populaires, un style extraverti, du genre samouraï... dans ces séances de cinéma, le public répétait certaines phrases du benshi.
Il y avait une concurence chez les benshis car ils étaient classés par ordre de popularité (de 1 à 50)




En 1930, c'était l'âge d'or des benshis, au Japon, on comptait 8000 benshis, le plus célèbre était TOKUGAWA MUSEI, il avait débuté à Aksaka, le quartier chic de tokyo, il avait un style très élégant qui s'est bien adapté pour l'étranger.
Le voici :

En 1935, on avait plus besoin de benshi, et tout à coup, ce métier a disparu!!



 

Aucun commentaire:

Publier un commentaire