jeudi 3 novembre 2011

SMILE ?

SMILE ( le gout du sang dans la bouche ) explore l'univers des enfants terribles, il est inspiré du légendaire contemporain urbain.
Les artistes puisent leur inspiration dans les mangas ( la BD japonaise) :
mangas post-apocalypse, cyberpunk et mangas de type shonen
 Ces derniers, très répandus en France chez les enfants ont des scénarios bâtis sur le modèle des grandes épopées et des mythes avec pour figures emblématiques des personnages anti-héroïques, innocents, dangereux et transgressifs.
Un univers populaire importé du Japon où toutes les cultures et les traditions se mélangent sans complexes, où les enfants côtoient, façon vaudou urbain, yokaïs délinquants, archétypes déprimés, et super stars en errance.
Une conteuse, deux musiciens et un dessinateur, 4 artistes en scène pour une création collective, manifestent ces jeux de l'enfance, dans un processus rituel, en cheminant à travers le foisonnement créatif du manga encore fort méconnu des adultes.
Des matériaux de rêve pour une expérience juvénile initiatique typique : en marge de l'ordre social, des enfants parcourent les espaces urbains, interrogent l'invisible, le sang, jusque dans les parages de la mort pour saisir quelque chose de leur destin.
Figures tragiques de la démesure et de la radicalité, la jeunesse y apparait haute en couleurs : loosers pur jus, petites filles grands-chefs, garnements de premier ordre, petits champions du kung-fu ou maîtres magiciens intersidéraux.
Ils portent le surgissement chaotique de leur identités, à travers leurs rêves, leurs mots, leurs rapport à la mort, leur corps, leurs interrogations.
La ville est à eux, c'est une île au trésor.
Elle recèle une bande de gosses, des chiens errants et un ermite : un vieux samouraï déchu.
Nous avons tous les ingrédients.
Exhibitions, «zizis d'enfers», intensités, créations spontanées : une cérémonie où les masques extravagants et dérisoires travestissent, permettent non pas de jouer des personnages, mais d'être tout simplement soi même en conjurant la menace ( toutes : narcissique, planétaire... )
Les figures féminines sont mortifères mais brillantes comme la lune, elles alimentent l'imaginaire des enfants qui s'amusent à ne plus bouger dans une voiture abandonnée ou à bondir sur les toits.
Grotesques, hybrides, nos héros ont besoin d'explorer à mort leur plénitude.
Angéliquement voraces et turbulents, ces enfants terribles s'amusent à jouer les «pervers polymorphes», les vampyrs, les intrus, ils s'emparent de toute la quincaillerie manga, faite de symboles et de pentacles de tous poils, pour avancer ou reculer, hantés par l'ombre du Minotaure, totémisés par divers animaux, habités par la vibration des robots, ils iront droit vers l'avènement d'eux mêmes, l'affrontement.
Smile est un hymne joyeux qui célèbre l'assomption de la virilité pour les jeunes garçons.
Une virilité qui danse en harmonie avec le féminin mystérieux.
Chansons bizarres, grelots, langages immodérés, cris, bébés envahisseurs, dragons, jeunes voyous,démons sauvages, c'est le jeu de l'autre et de la mort, le cortège de la révolution des enfants qui s'en va vers une déchetterie, le lieu de tous les possibles, l'apocalypse où tout bascule pour tout recommencer.
Une horde, un chaos exige un tribut, instantanément consommé par l'univers.
Toute transformation nécessite un bouleversement, la loi naturelle des aventuriers...
Il faudra bien que le vieux monde meure une bonne fois pour toute, qu'un vieux samouraï s'effondre pour la naissance d'une étoile.
Une histoire qui se vit en scène tandis que le dessinateur qui dessine en direct avec ses 2 rétroprojecteurs, nous montre qu'il s'agit en fait du rêve d'un enfant ordinaire qui dessine  tranquillement dans sa chambre
 
"Super Gamin" Zed et son masque
"Zizi d'enfer" un jeu d'enfant- petit frère de Montréal
Collège Jean Moulin 2011

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