vendredi 28 décembre 2012

enquête sur le héros




 Résultat de l'enquête : le manga shonen et ses héros

 
Le manga shonen invite les enfants à chérir leur singularité, loin de la norme des adultes.
Le manga shonen rend heureux.
Le manga shonen a des héros pas standard, ce sont des enfants différents, des ados intrépides, révoltés, déterminés, ambigus.
Le manga shonen s'en va voir la mort, les esprits, là où ils sont aujourd'hui et ils ont sacrément changés!
Les personnages sont des archétypes revisités, relookés, ils dépassent les représentations classiques des genres.
Ils portent le féminin et le masculin à une puissance autre.
Ils s'emparent des arts magiques et des arts martiaux de l'antiquité pour passer à l'action, donner un coup de fouet à la connaissance, impulser une façon d'être au monde décapante.
Voleur impeccable, artiste libre, le mangaka s'inspire du folklore mondiale, du patrimoine urbain, il décloisonne, il mélange les époques et les styles avec beaucoup de classe.
Le manga shonen remplace les rites de passage, il n'est pas un pur divertissement, il est puissant et drôle. C'est une énergie qui sort de l'ombre, des ténèbres et du désespoir et qui cherche l'ouverture, demande des comptes à la lumière, ouvre des voies.
Le héros manga shonen assainit le manichéisme moralisateur et culpabilisant. Par sa métamorphose ou son dédoublement, le héros introduit une lutte contre un ordre trop figé.
Il introduit une sorte de désordre : il est le nouveau surréaliste.
(Une citation de Charles Baudelaire : « L'action est la soeur du rêve ».)
Le héros désobéit et ainsi, il contribue aux changement des mentalités.
Il est délinquant ou insoumis, en partenariat avec les mondes invisibles.
Il s'affirme en « hors la loi spirituelle » et finit par modifier les mondes qu'il traverse.
C'est un pirate, la relation avec son sabre, son masque ou sa console est symbiotique.
Ses amis sont souvent des non-humains ( shinigamis, yokaï) car le héros voit ce que les autres ne voient pas. Chaque entité que le héros rencontre, même si c'est une sainte horreur, finira toujours par lui transmettre quelque chose.
Dans les récits légendaires ou le folklore, le héros du manga shonen est un sans papiers, un clandestin.
Les notions de bien et mal sont inversées, ou plutôt elles retrouvent leur vraie fonction : le mal est nécessaire à l'évolution. Le mal est un agent sympathique. Il fait sortir le héros de sa torpeur. Par ses figures de style et sa menace, il introduit le rituel.
Le héros est seul. Il va se faire des amis dans son quartier mais reste seul face à son destin. Avec ses amis, il est volontiers « baka », gros débile complètement taré.
Le héros a besoin de ses amis et il reste pour eux un mystère.
La qualité des jurons, des insultes ou des incantations est très recherchée.
Le danger qu'il doit affronter est toujours original et il voyage toujours dans des lieux inhabituels. Il y a toujours des épreuves à passer, toujours un combat, le héros et ses amis ne cessent de se battre. Le moteur principal du héros est protéger ceux qu'il aime.
Quand il passe à l'action ou quand il s'entraine, ses vêtements ne sont pas normaux.
Le héros dépasse ses limites jusqu'au face à face avec lui même : le face à face avec l'adversaire qui sommeille en lui.
Le héros ne s'identifie pas, il cherche son identité magique pour mieux aider ses amis.
Le héros peut adopter un « mode on » super branché et intégré et un « mode off » débranché, hors système. Il a aussi le « mode soul » où le héros rejoint son double et va vers le « mode résurrection ».
Si le héros est un garçon, les lecteurs peuvent très bien l'imaginer en fille et vice-versa.
Pas de sexualisation des rapports, la dimension amoureuse est toujours retardée pour mettre en valeur l'indépendance du héros.
Le héros n'a pas de parents, ou bien c'est comme s'il n'en avait pas, car avec les parents, les aventures ne sont pas possible.
La famille est très importante mais l'action se situe en dehors.
Hors de la famille, le héros trouve sa fantaisie propre, ses pouvoirs, sa poétique.
Le héros voyage dans les vastes espaces qui s'ouvrent tout à coup depuis sa chambre ou au coeur de son quartier. Un ciel qui se déchire, un immeuble qui bascule, une rencontre bizarre.
Il s'en va la nuit, enlever les nids à poussière qui s'amoncellent dans nos rêves.


myriam pellicane

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